Le colonel Claude Pivi, ancien ministre guinéen chargé de la sécurité du Président, et l’un des hommes reconnus coupables lors du procès historique des viols et des meurtres commis en Guinée en 2009, serait décédé de cause naturelle à l’hôpital le 6 janvier 2026, alors qu’il était en détention.
Le 31 juillet 2024, un tribunal guinéen a prononcé son verdict concernant le massacre du 28 septembre 2009, au cours duquel les forces de sécurité avaient attaqué des manifestants pacifiques dans un stade de Conakry, capitale du pays. 150 personnes étaient alors décédées, et de [très ] nombreuses femmes avaient été violées. Les juges ont reconnu l’ancien président autodéclaré Moussa Dadis Camara, ainsi que sept autres personnes, dont Claude Pivi, coupables de crimes contre l’humanité, et les ont condamnés à des peines d’emprisonnement allant de 10 ans à la perpétuité.
Suite au récent décès de Claude Pivi, et à la libération en mars 2025 de Dadis Camara, gracié par par l’actuel président Mamady Doumbouya, cinq hommes reconnus coupables en raison du rôle qu’ils ont joué dans le massacre sont toujours en prison. Cependant, la grâce accordée à Dadis Camara est incompatible avec les obligations incombant à la Guinée en vertu du droit international, et pourrait constituer une violation du droit des victimes à une réparation effective.
Les victimes des crimes commis le 28 septembre, tout comme les personnes reconnues coupables et toujours détenues, attendent encore les audiences d’appel, qui ont pris beaucoup de retard, ainsi que des avancées en matière de réparations.
Il y a toutefois eu quelques avancées dans le cadre de procédures judiciaires distinctes engagées contre d’autres suspects dans le massacre du 28 septembre. Le 18 décembre 2025, un nouveau procès a débuté contre sept accusés, dont quatre ont comparu devant le tribunal, notamment le colonel Bienvenue Lamah, ancien directeur régional de la gendarmerie de Conakry. Les trois autres accusés sont toujours en fuite.
Mamady Doumbouya a été officiellement élu président en décembre 2025. Il s’agissait de la première élection présidentielle en Guinée depuis sa prise de pouvoir lors d’un coup d’État en 2021. Alors que la situation des droits humains s’est détériorée sous son régime, son nouveau gouvernement devrait rompre avec le passé.
Mamady Doumbouya devrait s’engager à faire avancer les mesures encore inabouties visant à établir les responsabilités dans les crimes commis le 28 septembre, et jeter les bases d’une justice crédible et équitable pour les autres violations des droits en Guinée.