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La guerre russe contre l'Ukraine, quatre ans après son lancement

L’obligation de rendre des comptes pour les crimes graves demeure essentielle

Un homme et une femme s’étreignaient parmi les décombres, près d’un immeuble résidentiel touché par une frappe de missile russe à Kiev, en Ukraine, le 17 juin 2025.  © 2025 Efrem Lukatsky/AP Photo

Le 24 février 2022, la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l'Ukraine. Cette guerre – caractérisée par une série incessante de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité apparents – a fait des dizaines de milliers de victimes civiles et déclenché la plus grande crise de personnes déplacées depuis la Seconde Guerre mondiale.

Tout au long de la guerre, les forces russes ont démontré à répétition leur mépris pour le droit international humanitaire et la vie des civils. Ciblant de nombreuses villes – dont KievKharkivIzioum, Marioupol, Tchernihiv et Kherson – elles ont frappé des hôpitauxdes écoles et des immeubles résidentiels, dévastant des quartiers entiers, souvent lors d'attaques indiscriminées utilisant des armes explosives dans des zones peuplées.

Dans les zones tombées sous occupation russe, notamment à BoutchaIzioum et Kherson, les forces russes ont procédé à des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des violences sexuelles et des actes de torture. Des civils ont été détenus dans des caves et des lieux de détention improvisés, battus, soumis à des décharges électriques et à des simulacres d'exécution. Les prisonniers de guerre ukrainiens et les détenus civils qui se trouvent toujours sous la garde des forces russes risquent quotidiennement d’être victimes de violences physiques et psychologiques. Des milliers d'enfants ukrainiens ont été déportés ou transférés de force vers la Russie, ou vers des zones occupées par la Russie.

Les autorités russes continuent de commettre des abus systématiques dans les territoires occupés, y imposant des lois russes, saisissant illégalement des biens et contraignant les Ukrainiens à adopter la citoyenneté russe et à effectuer leur service militaire sous commandement russe. Les autorités d'occupation ont imposé la langue russe et le programme scolaire russe dans les écoles dans le cadre d'une campagne systématique visant à supprimer l'identité, la langue et la culture ukrainiennes.

Depuis 2022, les forces russes ont également pris pour cible à plusieurs reprises le réseau énergétique ukrainien, une infrastructure indispensable à la survie des civils. La dernière vague de frappes a privé plus d'un million d'Ukrainiens de chauffage, d'eau et d'électricité pendant les mois d'hiver. Alors que les négociations de paix menées par les États-Unis se poursuivent, des Ukrainiens observent après chaque nuit brutale, sur le ton de l’humour noir, que ces missiles sont les véritables « offrandes de paix » du Kremlin.

Quatre ans après le début de la guerre, l'ampleur des atrocités documentées exige que tous les acteurs de la chaîne de commandement russe, allant des commandants sur le terrain jusqu'aux plus hauts dirigeants politiques et militaires, soient concrètement tenus responsables des abus. Les mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre de hauts responsables russes constituent une étape importante vers la réparation des préjudices subis par les victimes. Les alliés de l'Ukraine, notamment l'Union européenne et ses États membres, devraient soutenir pleinement la quête de justice pour tous les crimes graves par le biais d'enquêtes a l’échelle nationale et de la CPI ; ils devraient agir pour faire exécuter les mandats d'arrêt, et encourager l'extension des poursuites en vertu du principe de compétence universelle. Ils devraient aussi soutenir les groupes de la société civile ukrainienne, forts et résilients, qui documentent les violations et aident les survivants.

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